Comme moteur de la croissance
économique, l’énergie est indispensable
pour atténuer la pauvreté. L’énergie
est un secteur névralgique pour l’économie
nationale. La progression de la production et la consommation
d’énergie est un important indicateur du
développement, et le développement économique
de tout pays est fortement tributaire de sa capacité
à mettre des quantités d’énergie
suffisantes à la disposition de ses différents
secteurs socioéconomiques notamment pour l’industrie
manufacturière, les mines, l’agriculture,
l’éducation, la santé et les ménages.
Toutefois, la consommation d’énergie est
très inégalement répartie à
travers le monde : tandis que les pays riches, abritant
environ un cinquième de la population totale,
consomment plus de la moitié de l’énergie
à usage commercial, quelque 2 milliards de personnes
– soit un habitant de la Terre sur trois –
sont dénués d’accès à
l’énergie moderne, et restent tributaires
de combustibles traditionnels comme le bois, les déchets
agricoles et les déjections animales.
La scène énergétique mondiale est
marquée depuis le début de la décennie
courante par une triple fracture : économique,
environnementale et politique.
A l’échelle du Mali, ces constats prennent
un relief singulier et dramatique : Enclavé à
plus de 600 km de la mer, en proie à des sécheresses
récurrentes, non producteur de pétrole
ni de gaz, notre pays subit actuellement de plein fouet
les effets du renchérissement du pétrole
sur le marché mondial, et d’un sous-équipement
en matière d’infrastructures modernes d’énergie.
La proportion d’accès aux moyens énergétiques
pour les Maliens est inférieure à 1/5
pour l’électricité domestique, 7/10
pour les engins agricoles motorisés chez les
paysans, 1/200 pour l’automobile privée
… La combinaison des contraintes et déficits
évoqués ci-dessus pose ainsi une grave
hypothèque sur notre politique de développement
socio-économique.
Mettre en valeur de nos ressources propres d’énergie,
notamment le potentiel considérable d’énergies
renouvelables, et briser l’enclavement de notre
infrastructure, sont donc vitaux pour rendre les produits
et services énergétiques plus proches
et moins chers pour les Maliens. A cet égard,
il est possible de transformer les handicaps en atout
; pour ne prendre qu’un exemple, la position enclavée
du Mali en fait en même temps une place nodale
stratégique pour les futures et indispensables
interconnexions électriques sur le Continent.
Le Mali s’est doté à cet effet en
mars 2006 d’un instrument essentiel : le document
de politique énergétique nationale (PEN).
Il s’agit objectivement d’un élément
qui s’intègre dans la Stratégie
Nationale de Lutte contre la Pauvreté (SNLP),
elle-même traduite dans le Cadre Stratégique
de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) adopté
le 29 mai 2002. Ce précieux outil qui définit
la vision du Gouvernement pour l’horizon 2025,
traduit la volonté des pouvoirs publics de notre
pays d’atteindre les objectifs du millénaire
pour le développement (OMD). En tant que tel,
il constitue désormais le cadre unique de référence
des politiques et stratégies de développement
du pays, et régira les rapports du Gouvernement
avec ses partenaires techniques et financiers. La mise
en œuvre du CSLP requiert des investissements colossaux,
pour lesquels le Mali, à l’instar de nombreux
PVD, ne dispose malheureusement en propre que de ressources
financières limitées, qu’il doit
répartir entre les secteurs aussi prioritaires
les uns que les autres. D’où la nécessité
d’un arbitrage permanent, sous-tendu par une double
exigence : d’une part, rendre les actions de développement
plus efficaces au profit des pauvres, et d’autre
part, définir à chaque étape de
nouvelles politiques, de nouveaux instruments permettant
d’utiliser rationnellement et efficacement les
ressources internes et externes disponibles. A ce compte,
force est cependant de constater que le secteur de l’Energie
n’a jusqu’ici pas toujours reçu le
niveau constant de priorité souhaitable.
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